Logements sociaux et utilisation des fonds publics

En matière d’habitation sociale, les efforts de la CORPIQ ont porté fruit. Depuis des années, elle tentait de convaincre le gouvernement que l’argent des contribuables serait mieux utilisé s’il servait à procurer une aide financière directe aux ménages pour se loger plutôt qu’à construire des logements sociaux neufs qui coûtent près de 200 000 $ l’unité, en moyenne.

Au printemps 2015, le gouvernement du Québec a annoncé qu’il coupait de moitié le budget de 250 M$ consacré à la construction de logements sociaux (programme AccèsLogis) pour plutôt accroître le nombre de ménages bénéficiaires du programme Supplément au loyer. Cette nouvelle ne pouvait pas mieux tomber dans un contexte de taux d’inoccupation élevés dans les logements privés. En faisant passer de 3000 à 1500 les unités construites annuellement via le programme AccèsLogis, mais en octroyant 5800 nouveaux « suppléments au loyer », le gouvernement aidait ainsi quatre fois plus de locataires. Cependant, il a rehaussé le budget d’AccèsLogis pour permettre la construction de 3000 unités en 2017 et en 2018.

Par ailleurs, la CORPIQ a signalé au gouvernement une erreur au détriment des propriétaires dans la façon d’ajuster les loyers, dans le cadre du programme Supplément au loyer. En effet, l’ajustement s’effectue non pas en fonction des critères annuels de fixation décrétés par le ministère, mais plutôt en fonction d’estimations fictives et sans valeur légale publiées par la Régie du logement dans un communiqué. À ce jour, le gouvernement n’avait pas encore réagi.

Outre ces actions au niveau provincial, la CORPIQ intervient auprès de certaines villes qui veulent financer la construction de logements sociaux, alors que l’offre locative privée est déjà abondante.

Selon le recensement 2016, les trois quarts des locataires éprouvant des problèmes à se loyer n’avait trait qu’à l’abordabilité des loyers. Construire plus de logements n’est donc pas la solution aux problèmes de revenu de ces ménages.