Revue de presse de début mars

Revues de presse

Le projet de loi que Québec solidaire prévoit déposer afin d’empêcher les propriétaires d’interdire la présence d’animaux de compagnie dans les logements locatifs, la fin du programme AccèsLogis et la prise de parole de Desjardins concernant la crise du logement font l’objet de notre revue de presse de début mars.

Revue de presse de début mars

Par Corinne Laberge


Projet de loi de Québec solidaire permettant les animaux dans les logements locatifs : la CORPIQ s’y oppose

Cet article relayé par Radio-Canada formule d’entrée de jeu les grandes lignes : « Québec solidaire souhaite que la province emboîte le pas à la France et à l’Ontario en introduisant un article dans le Code civil qui interdirait aux propriétaires de logements de refuser un locataire qui possède un ou plusieurs animaux de compagnie ».   

« C’est démontré à travers plusieurs études que les animaux de compagnie ont un impact positif sur la santé mentale des humains, plaide la co-porte-parole du parti, Manon Massé. Pour bon nombre de Québécois, avoir un animal de compagnie est un élément essentiel à leur bien-être, voire à leur santé globale. » La directrice générale par intérim de la SPCA de Montréal, Sophie Gaillard, rapporte que « l’interdiction d’avoir un animal de compagnie est la cause d’un très grand nombre d’abandons d’animaux ».

« En réaction, la CORPIQ s’est dite surprise de l’annonce de Québec solidaire dans un contexte de pénurie de logements, lit-on. Son porte-parole Marc-André Plante a déploré que la formation politique priorise l’enjeu législatif des animaux par rapport au manque criant d’unités de logement pour accueillir tous les locataires en quête d’un toit. »

Rappelant que 65 % des propriétaires de logements locatifs actuels autorisent les animaux avec certaines restrictions, M. Plante « dit craindre les effets pervers d’un tel projet de loi ». « Ce que Québec solidaire préconise, c’est d’imposer, dans les 1,5 million de logements du Québec, le droit à un animal sans égard au fait d’offrir un environnement idéal, autant pour les animaux que pour l’ensemble des locataires », indique-t-il.  

Dans cet autre article du Devoir, il est détaillé que « Concrètement, la formation propose de modifier l’article 1900 du Code civil du Québec afin de préciser que les propriétaires ne peuvent insérer dans leurs baux une clause interdisant la présence d’animaux de compagnie ».

Une proposition qui ne tient pas compte de la réalité, la présence d’animaux pouvant incommoder le voisinage dans les logements moins bien insonorisés. « Un tel projet de loi, s’il est adopté, viendrait aussi alourdir le fardeau des propriétaires, qui devront aller se battre devant le Tribunal administratif du logement si des animaux endommagent les logements, observe le directeur des relations publiques de la CORPIQ. Ça ne tiendra pas la route, les propriétaires vont s’y opposer coûte que coûte. »

Le sujet a par ailleurs été traité par le Montreal Gazette. « CORPIQ is against imposing systematically the right of animals in homes because there are landlords who are inconvenienced by animals and they also have rights », affirme M. Plante.  

Québec met fin au programme AccèsLogis et Desjardins se prononce sur la crise du logement

La ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, a confirmé en entrevue avec La Presse que son gouvernement « mettra au rancart le programme AccèsLogis, créé en 1997 ». « Ses constats sont tranchants. Il y a une “ crise ? du logement abordable au Québec, les projets ne sortent pas de terre assez vite, et les façons de faire en place depuis des décennies ne tiennent plus la route. Son gouvernement entend suivre “ de beaucoup plus près ? l’évolution des projets d’habitation financés par les fonds publics », est-il précisé.

D’importants changements sont à venir, dont la fin d’AccèsLogis, « principal pourvoyeur de fonds en logement social au Québec depuis un quart de siècle ». « Un programme qui est loin d’avoir rempli toutes ses promesses », estime la ministre Duranceau. « C’est un peu un free-for-all, où tout le monde dépose [son projet], ça prendra le temps que ça prendra, et ça coûtera le prix que ça coûtera », est-elle citée. Déplorant que « des centaines de millions » soient actuellement « gelés sans que rien ne bouge sur le terrain ».

« Québec entend financer une bonne partie des 6652 logements qui sont toujours en phase de “ planification ? dans le cadre d’AccèsLogis », explique-t-on. Puis le Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ), lancé l’an dernier, se chargera de la suite. « Ce programme-là est venu corriger les lacunes de l’autre, c’est-à-dire que si ton projet ne sort pas dans en dedans de 12 mois, on retire les unités, puis on les donne à quelqu’un d’autre qui, lui, est prêt à sortir », a commenté la ministre.

Ce second texte de La Presse fait état des critiques formulées par les municipalités et les partis d’opposition. « On ne pense pas qu’il fallait jeter le bébé avec l’eau du bain. Le programme souffrait de procédurite aiguë, mais le fond était bon et il l’est toujours, s’exprime dans le texte le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Gaspé, Daniel Côté. On n’avait pas compris qu’on jetait AccèsLogis aux poubelles pour le remplacer par le PHAQ. On souhaitait un dégraissage. Du logement social, mais avec moins de bureaucratie. »

Pour le député de Québec solidaire Andrés Fontecilla, « C’est l’abandon définitif du logement social au Québec ». La députée libérale Virginie Dufour abonde dans le même sens : « Le logement abordable l’est de moins en moins. Il monte avec le marché. (…) Ce qui n’est pas le cas d’un logement social, basé sur le revenu de la personne. On a besoin autant de logement abordable que de logement social. Il y avait des améliorations nécessaires qui auraient pu être possibles ».

En terminant, un survol de ce papier d’André Dubuc. « La crise du logement, qui se traduit par des maisons inabordables, une pénurie de logements et des loyers hors de contrôle, empirera en 2023, prévient le Mouvement Desjardins », annonce l’introduction.

Dans le marché locatif, « Le taux d’inoccupation des appartements, actuellement à 1,7 % à l’échelle du Québec, s’approchera du 1 % en 2023 ». Au surplus, la construction de logements locatifs a baissé de 10 % en 2022 par rapport à 2021 et chutera de nouveau de 20 % cette année en comparaison avec la précédente. « À moins de l’injection massive de fonds publics, d’un assouplissement de la réglementation ou d’un soutien accru aux municipalités , la construction d’appartements locatifs continuera de ralentir au lieu de s’accélérer », observe l’économiste principale au Mouvement Desjardins, Hélène Bégin.

Conséquemment, les loyers continueront de grimper. « Après une hausse moyenne de 8,9 % l’an dernier, l’augmentation devrait atteindre 10 % en 2023 », souligne l’institution financière. Ajoutant qu’il faudra attendre l’an prochain pour les bonnes nouvelles. 

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