Revue de presse de début avril

Revues de presse

Les sommes dédiées à l’habitation au sein des budgets présentés par les deux paliers de gouvernement retiennent l’attention en ce début de mois.

Revue de presse de début avril

Par Corinne Laberge


Budget à Québec : des réactions mitigées des partenaires en habitation

Le Journal de Québec revient ici sur les principaux éléments du budget provincial concernant le secteur de l’immobilier. « À défaut de pouvoir combler à court terme le manque de logements abordables, le gouvernement Legault remettra de l’argent dans les poches de ceux qui sont le plus affectés par la hausse du prix des loyers », peut-on lire en introduction.

Le ministre Girard énonce dans son budget qu’une « des solutions à privilégier » pour faire face à la pénurie de logements qui sévit dans la province est l’ajout de logements sociaux et abordables. Ce sont ainsi 5250 logements qui seront réalisés dans un horizon de cinq ans, prévoit-on. « Toutefois, ce nombre ne comprend que 1500 nouvelles unités, auxquelles s’ajoutent des fonds pour appuyer la création de 450 logements financés par un programme du gouvernement fédéral », est-il mentionné. Ajoutant que rendre 11 700 nouveaux logements abordables disponibles s’inscrivait parmi les engagements électoraux de la CAQ. En réponse, le ministre « a indiqué que les autres unités seront prévues lors des prochains budgets ».

Le gouvernement se trouve en « mode rattrapage », poursuit l’article. « Il investira cette année 191,5 M$ afin de réaliser 3300 logements déjà prévus par le programme AccèsLogis, et dont la mise en chantier a été ralentie par la hausse des taux d’intérêt et la pénurie de main-d’œuvre », apprend-t-on. Au surplus, 3300 autres logements ayant fait l’objet d’une annonce dans le cadre du programme ne seront pourtant pas encore réalisés avec ce nouvel investissement. « À ce jour, 1,1 G$ ont été investis dans AccèsLogis », est-il souligné.

Quant au parc d’habitations à loyer modique (HLM), « vieillissant au point où certains logements ne sont plus habitables », le budget y allouera 105 M$ en 2023, mais consacré à la rénovation uniquement. À noter que « Selon le Plan québécois des infrastructures (PQI), 37 % des logements sociaux et abordables seraient en "mauvais" ou en "très mauvais" état ».

Le budget provincial comprend par ailleurs certaines « mesures visant à atténuer les effets de la crise du logement, en attendant que celle-ci soit réglée », donc une bonification de la composante logement du crédit d’impôt pour la solidarité, ainsi qu’une somme de 53,2 M$ sur cinq ans afin d’ajouter 2000 unités au programme supplément au loyer dédié aux ménages en situation de précarité financière.

Ce papier paru dans Les Affaires a pour titre « Presque rien pour améliorer l’offre sur le marché locatif ». L’auteur fait valoir qu’il n’y a « aucune aide aux entrepreneurs et investisseurs pour tenter de rééquilibrer les mathématiques du financement de projet, rendues encore plus difficiles en raison des taux d’intérêt élevés et qui retardent ou bloquent tout simplement des projets immobiliers ».

Alors que l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) évalue le déficit d’inventaire à 100 000 unités et que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) parle de 60 000 unités de plus à construire annuellement d’ici 2030 afin de rétablir l’offre, « C’est un saupoudrage de mesures qui n’est pas tellement efficace », y est cité le directeur général du Réseau québécois des OSBL d’habitation, André Castonguay.  

Pour sa part, la CORPIQ est d’avis que « Le budget provincial 2023 est une réponse timide aux demandes formulées par les acteurs de l’industrie. L’augmentation des taux d’intérêt est un frein à la rénovation du parc locatif. Or, le budget n’a malheureusement pas été l’occasion pour le gouvernement du Québec d’envoyer un message pour relancer la construction en 2023 et stimuler la rénovation des logements vieillissants. Espérons d’autres annonces bientôt, car la conjoncture pourrait être très difficile à court terme », réagit le directeur des affaires publiques, Marc-André Plante.  

Enfin, ce texte du Journal de Montréal relate les déclarations de la ministre responsable de l’habitation, France-Élaine Duranceau, suite aux critiques formulées par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, cette dernière jugeant les sommes annoncées « nettement insuffisantes ».   

Le budget fédéral et l’habitation : les acteurs sont déçus des investissements en dépit des besoins sur le terrain

« Comme la priorité du budget a été clairement les industries vertes et les soins dentaires, il restait peu de fonds pour d’autres dépenses discrétionnaires comme le logement », débute cet article publié par Les Affaires.

Dans un contexte de mises mises en chantier en baisse, l’APCHQ y va de recommandations pertinentes, dont « bonifier substantiellement le remboursement de TPS pour les habitations neuves et de complètement exempter de TPS les logements locatifs sociaux et abordables ». Par ailleurs, pour « encourager la construction d’immeubles de plus de quatre logements, qui est freinée par la hausse des taux d’intérêt, des modalités de certains programmes avantageux de la SCHL mériteraient d’être combinées entre elles (programme APH Select et l’initiative Financement de la construction de logements locatifs, notamment) », explique-t-on.

Cet autre texte de Radio-Canada aborde ensuite les attentes élevées en matière de logement pour le budget 2023 du côté de la région de la capitale fédérale.

Puis, Le Droit consacre également un article au sujet. « Le budget fédéral du gouvernement de Justin Trudeau a laissé élus et organismes sur leur faim, mardi, en ce qui concerne le logement », énonce le lead.   

Plus loin, la publication effectuée sur Twitter par le conseiller municipal du district du versant, Daniel Champagne, est rapportée : « La crise est indéniable et importante. On ne peut y arriver sans vous. Aucune somme supplémentaire. Les belles dents, c’est important, mais pas autant qu’un logement. »

Le cabinet du maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, laisse quant à lui poindre une « certaine satisfaction », estimant que le nouveau Fonds d’accélération du logement a « le potentiel d’être utile à Ottawa » et « pourrait aider les municipalités à surmonter les obstacles locaux les plus sérieux à l’offre de logements, tels que l’accès au financement, la disponibilité et le coût des terrains, ainsi que le contexte réglementaire et les systèmes en place pour examiner et approuver les demandes de développement ».

En conclusion, aux yeux de la CORPIQ « Le budget 2023 d’Ottawa ne concorde pas avec les objectifs édictés par la SCHL afin de stimuler l’offre en habitation dans l’objectif de retrouver un certain équilibre dans le marché immobilier du Québec. Malheureusement, la crise du logement devrait perdurer pour quelques années en l’absence d’un appui pour l’industrie et nos membres. »

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