Un observatoire pour mieux orienter les décisions publiques

Pour la CORPIQ, il est essentiel que les investissements publics et privés reposent sur des données fiables, indépendantes et prospectives afin de construire les bons logements, aux bons endroits et au bon moment et d’outiller adéquatement les différents ministères impliqués dans l’habitation. La CORPIQ propose donc la création d’un observatoire qui aurait le mandat suivant : 

  • Faire des recommandations pour assurer un meilleur arrimage entre démographie comme l’immigration, le vieillissement de la population, les tendances en formation des ménages et les outils de politiques publiques pour favoriser les mises en chantier; 
  • Analyser l'évolution des besoins démographiques régionaux selon les dynamiques économiques et d’emplois propre à chaque municipalité;  
  • Faire des projections démographiques locales pour aider les municipalités à planifier leurs infrastructures et projets de développements résidentiels;
  • Analyser les facteurs qui influencent le coût de l’habitation (coût de la vie, coûts des matériaux et de la main-d'oeuvre en construction et rénovation, etc.) et faire des recommandations pour en limiter les impacts sur la population, notamment les locataires; 
  • Analyser les offres par segment sur le continuum d’habitation et formuler des recommandations au gouvernement du Québec pour l’accompagnement de chacune des catégories de personnes, notamment les plus vulnérables; 
  • Produire des analyses régulières des taux d'inoccupation par région et municipalité et produire des recommandations sur les mises en chantier de chaque type d'habitation le long du continuum de l’habitation.

Évitons de simplement déplacer les problèmes

Pour la CORPIQ, le Québec gagnerait à se doter d'un organisme permanent capable de fournir des analyses indépendantes, de suivre l'évolution des besoins dans le temps, et d'évaluer les effets des politiques publiques.

Une telle approche permettrait également de mieux coordonner les investissements des gouvernements, des municipalités et du secteur privé afin de maximiser chaque dollar investi.

Pour la CORPIQ, les données disponibles sont fragmentées ou souvent désuètes et ne permettent pas de soutenir l’élaboration de politiques publiques cohérentes et adaptées à la réalité québécoise. Les récents débats sur les taux d'inoccupation, les logements vacants et les objectifs de construction illustrent bien ce besoin de données consolidées et d'indicateurs communs.

 Nous prenons aujourd'hui des décisions qui engageront le Québec pour des décennies. Il faut prendre conscience des particularités du modèle québécois et avoir une lecture plus fine des besoins de la population, où qu’elle soit sur le continuum d’habitation. Un observatoire nous permettra de mieux orienter les investissements publics et privés et d'éviter des solutions mur à mur qui déplacent les problèmes d'un maillon du continuum de l'habitation à un autre. 

Nathalie Mercier, directrice générale.

D’autres propositions à venir

Le 17 juin dernier, la CORPIQ a dévoilé son rapport « Proprios d'ici, piliers de notre économie » qui dresse un portrait inédit du modèle québécois d’habitation et elle publiera prochainement le second volet, avec des propositions sur le vivre-ensemble, la préservation du parc existant et le repreunariat.

Faits saillants en habitation : 

  • Au Québec, 96 % des propriétaires d’immeubles locatifs sont des personnes physiques, 43 % détiennent un seul immeuble et 39 % sont propriétaires-occupants (54,3 % à Montréal) et 1 propriétaire sur 4 doit assumer une partie de ses dépenses de fonctionnement à même ses autres revenus.
  • Les coûts d’acquisition ont explosé pour tous les types d'habitation : 103 % pour les maisons unifamiliales, 80 % pour le plex, 72 % pour le condo. 
  • Environ 60 % des appartements locatifs sont dans des immeubles construits avant 1980 et nécessitent des rénovations, alors que les coûts ont explosé de 49 % entre 2017 et 2025 et cette croissance se poursuivra au cours des prochaines années étant donné que les coûts de main-d’oeuvre, qui représentent 29 % des frais de rénovation en milieu locatif, augmenteront de 22 % à 23 % d’ici 3 ans et que le contexte géopolitique pourrait faire monter le coût des matériaux. 
  • Environ 36 000 unités d’habitation n’ont pu être construites en raison d’un manque de capacité des réseaux d’infrastructure dans 43 municipalités en 2025.
  • On compte 12 000 itinérants au Québec, 2100 ménages cherchent un logis au 1er juillet 2026 et environ 30 000 ménages sont en attente d'un HLM ainsi que 3 069 personnes sont sur la liste d’attente pour un CHSLD.  

Continuum d’habitation

Note : Ce continuum est inspiré de ceux produits par la SCHL et le CISSS-Montérégie-Centre et adapté par la CORPIQ - juillet 2026 
**Grille du TAL, clause G, droit de refus, droit maintien dans les lieux