Élaborer des politiques publiques qui répondent au terrain

« On a toujours réfléchi l’habitation sous l’angle de construire plus. Aujourd’hui, il faut repenser notre façon d’offrir des toits à la population québécoise en tenant compte de leurs besoins et des ressources publiques et privées dont nous disposons. Dans ce deuxième rapport sur le modèle québécois d’habitation, la CORPIQ invite toutes les parties prenantes à catalyser les efforts et passer à l’action avec des mesures concrètes », affirme Éric Sansoucy, porte-parole de la CORPIQ. 

Des solutions transpartisanes, au bénéfice de tous les Québécois

La CORPIQ insiste : les partis politiques ont la responsabilité de mettre tous les efforts pour améliorer les enjeux en habitation, notamment dans le secteur locatif résidentiel privé.

La CORPIQ propose quatre chantiers, douze solutions :

  • Mieux gouverner l’habitation : créer, dès le début du prochain mandat, un Observatoire québécois de l’habitation, création d’une Table Québec-Logement et réforme d’un Tribunal administratif du logement engorgé (à peine 8,2 % des 1,4 million d’appels reçus sont pris en charge par une personne).
  • Lancer un grand chantier de rénovation : engager une refonte des programmes actuellement disponibles, créer un crédit d’impôt de 30 % pour les rénovations locatives, notamment pour des améliorations écoénergétiques, et réviser la loi R-20, alors que rénover un logement locatif coûte aujourd’hui de 30 % à 50 % plus cher sous cette réglementation.
  • Moderniser le vivre-ensemble : une aide au logement qui suivrait la personne plutôt que le logement, un guichet de prévention de l’itinérance et un fonds de sécurité locative encadré — une avancée que 9 provinces canadiennes sur 10 ont déjà adoptée.
  • Favoriser le repreneuriat : des mesures fiscales flexibles pour éviter que la retraite d’une génération de propriétaires ne se traduise par une vague de concentration et de financiarisation du parc.

« Le parc locatif existant est le logement le plus abordable — on ne pourra jamais en construire d’aussi peu chers. Le rénover n’est donc pas une dépense, c’est une politique d’abordabilité », affirme Éric Sansoucy.

« L’habitation sera un enjeu majeur de la prochaine campagne électorale. Les propriétaires proposent des mesures structurantes qui devraient résonner auprès des partis : dynamiser notre économie locale, mieux s’occuper des personnes vulnérables, favoriser le repreneuriat immobilier et réduire la bureaucratie », conclut Nathalie Mercier, directrice générale de la CORPIQ. 

Rappelons que dans un premier volet du rapport publié en juin dernier, basé sur une étude d’Aviseo Conseil, la CORPIQ illustre que le secteur locatif privé génère chaque année 32,1 G$ en valeur ajoutée, soit 5,6 % du PIB québécois, et soutient plus de 135 000 emplois. Il repose sur 163 119 propriétaires, dont 96 % sont des personnes physiques. Toutefois, ce parc vieillit à vive allure : 72,6 % des immeubles locatifs ont été construits avant 1990, et le coût des rénovations a bondi de 49 % entre 2017 et 2025. Une réglementation trop complexe, des programmes d’aide financière mal paramétrée, des enjeux sociaux grandissants et des règles fiscales qui découragent le repreneuriat immobilier font partie du quotidien des propriétaires du Québec.